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Le Pacte de Milan

En octobre 2015, une centaine de villes du monde entier ont signé le Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan.

En accueillant l'Exposition Universelle 2015 sur le thème « Nourrir la planète, Energie pour la vie », la Ville de Milan a souhaité promouvoir les bonnes pratiques alimentaires et inciter d’autres villes à s’engager à leur tour sur le sujet. Le Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan est un document exprimant une forte volonté politique de construire des systèmes alimentaires territoriaux durables.

184
collectivités signataires du Pacte
6
axes prioritaires de travail
37
propositions d'actions concrètes

Le Pacte de Milan propose 37 actions concrètes à mettre en oeuvre localement, déclinées autour de six axes prioritaires :

  • Assurer un environnement propice à une action efficace (gouvernance alimentaire)
  • Promouvoir une alimentation durable et une bonne nutrition
  • Assurer l’équité sociale et économique
  • Appuyer la production alimentaire (liens rural-urbain)
  • Améliorer approvisionnement et distribution alimentaires
  • Prévenir le gaspillage alimentaire

Huit collectivités françaises se sont engagées dans cette démarche volontaire : Bordeaux Métropole, le Conseil départemental de la Gironde, la Métropole de Grenoble, la Ville de Lyon, la Ville de Marseille, la Métropole de Montpellier, Nantes Métropole et la Ville de Paris. Les collectivités sont libres de choisir et d’adapter les propositions des thématiques selon leur situation et leurs spécificités territoriales.

Bordeaux Métropole a signé en 2015 le Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan. Le CCGAD représente un outil pour mettre en œuvre cet engagement, en promouvant la transversalité au sein de la métropole, avec les différents échelons administratifs et avec les acteurs du territoire, mais aussi en assurant l’adéquation de ses missions avec le Cadre d’action du Pacte.

Quelques exemples à travers le monde

D’autres villes hors de la France ont également pris l’engagement d’aller vers un système alimentaire territorial durable et ont notamment appliqué le premier axe prioritaire proposé, à savoir de se doter d’une gouvernance alimentaire locale. C’est le cas de Toronto, Bristol ou encore Montréal, qui ont mis en place leur food policy council, conseil de politique alimentaire.

L'exemple de Toronto

La ville de Toronto est régulièrement citée en tant qu’exemple dans la construction d’une stratégie alimentaire puisqu’elle a été l’une des premières à s’emparer de la problématique de l’alimentation en ville dès les années 1990. Le Food policy council de Toronto est créé en 1991 comme un sous-comité du conseil de santé afin de conseiller la ville de Toronto dans sa politique alimentaire. Le conseil rassemble des acteurs de l’alimentation et de l’agriculture afin de développer des projets et des politiques innovantes qui mettent en avant une alimentation saine. Elle fournit également un forum d’actions du système alimentaire.

Les membres du conseil identifient les problèmes alimentaires émergents qui pourraient impacter les habitants, promeuvent l’innovation du système alimentaire et facilitent le développement de la politique alimentaire.

L'exemple de Bristol

En 2009, la ville de Bristol rédige un rapport intitulé « Qui nourrit Bristol ?» dans le cadre de ses recherches sur les solutions au pic pétrolier afin d’explorer les caractéristiques du système alimentaire. L’une des recommandations porte sur la création d’un food policy council qui est votée en 2011. Ainsi, Bristol est la première ville britannique à créer un conseil de politique alimentaire. Son objectif premier est de s’assurer que les habitants et touristes de Bristol aient accès à une alimentation de qualité qu’elle définit comme : « Vitale pour la qualité de vie des habitants de Bristol. Aussi goûteuse que saine et abordable, l’alimentation que nous mangeons devrait être bonne pour la nature, bonne pour les producteurs, bonne pour l’économie locale et bonne pour le bien-être animal ».

Les rôles du conseil portent quant à eux sur différents axes :

  • Promouvoir le plan « Alimentation saine » en lien avec les acteurs locaux.
  • Déléguer des programmes spécifiques et superviser les progrès accomplis.
  • Faciliter la coordination entre les différentes initiatives du food policy council de Bristol.
  • Assurer un rôle de plaidoyer pour le développement de politiques locales et régionales pour un système alimentaire sain, soutenable et résilient.
  • Réaliser un bilan annuel et le présenter lors d'une conférence / d'un événement annuel.
L'exemple de Montréal

Dès 2011 la ville de Montréal élabore un plan de développement 2025 du Système Alimentaire Montréalais (SAM). Cette démarche donne lieu à la création d’un conseil des politiques alimentaires de Montréal en 2018. Le conseil se compose d’un comité de coordination rassemblant des membres statutaires et des membres sélectionnés. Quatre rôles lui ont été définis :

  • Agir comme espace de coopération, de concertation et de maillage régional et local
  • Agir à titre de ressource-conseil régionale auprès des partenaires et acteurs publics et privés de l'agglomération
  • Développer des propositions et promouvoir des priorités et des politiques favorables à un système alimentaire durable et équitable
  • Agir comme incubateur d'initiatives régionales structurantes et levier financier régional